QUELQUES NOUVELLES…

SOLIDARITÉ AVEC NOS PARTENAIRES D’AMÉRIQUE DU SUD

BILAN D’ÉTAPE EN TEXTE ET EN IMAGES

SUCCES DE LA CAGNOTTE, ELLE RESTE OUVERTE AUX DONS

(le 3 juin 2020)

Toutes les vidéos de témoignages sont dans le rapport en image ci-dessus (pour tourner les pages cliquer sur la flèche à droite),

le texte ci-dessous reprend l’essentiel des opérations menées avec un focus sur les vidéos des coordinateurs des cinq pays.
Du nord au sud: Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie et Chili.

Merci à tous,

Vous avez été nombreux à répondre à l’appel du 4 avril 2020 pour soutenir nos partenaires d’Amérique du Sud durement touchés par la crise économique qu’entraîne la pandémie dans le monde entier. Comme en France, c’est l’incertitude qui prédomine. Les ravages de la maladie sont parfois restés éloignés des villages et des communautés que vous connaissez, mais la menace sanitaire et des mesures préventives souvent très coercitives pèsent sur les vies au quotidien. La situation varie d’un pays à l’autre.

Comme convenu, chaque pays reçoit un cinquième des sommes récoltées. S’y ajoutent les fonds solidaires de 2019 qui n’avaient pas encore été utilisés pour les projets et qui sont propres à chaque destination. Un premier versement a été effectué en cours de collecte, le 17 avril 2020, la somme récoltée s’élevait alors à 13 100 euros, soit 2 620 euros pour chaque pays. La répartition s’est ensuite faite selon les modalités décidées localement en fonction des besoins exprimés et identifiés.

Remerciement et brève introduction d’Alexandre Poirier, directeur de Culture Contact

En Colombie,

sur la côte Caraïbe où nous travaillons, tout a été fait pour prévenir la contamination des populations, et notamment pour éviter que le virus n’atteigne les communautés indigènes. Interdiction formelle d’entrer sur les territoires communautaires et limitations drastiques des sorties et des déplacements pour les habitants des villes et des villages.

Dans cette région où le tourisme occupe une place majeure, nombre de personnes se sont retrouvées sans revenu et sans perspective d’emploi dans un avenir proche. La pêche, autre ressource locale, s’est vue, elle aussi, interdite. Plus de vente de cocktails sur les plages, plus de vente d’artisanat, plus personne à conduire, ni à guider…

Le fruit de la collecte a donc été très apprécié, il a contribué à approvisionner les familles en nourriture. Chez nos amis afro-descendants de Carthagène, il a été distribué à une soixantaine de familles sous forme de bonos avec lesquels chacun a pu aller faire ses courses quand il en avait la permission. En effet, là-bas, les autorisations de sorties dépendent du numéro de la carte d’identité. Pas de course collective et de distribution possible. Pour la zone de Santa Marta, c’est Azbina qui s’est chargée de faire les courses et d’acheminer les denrées destinées aux familles kogi. En Guajira, c’est Rocio qui a organisé l’achat des produits pour les familles wayuu et leur répartition dans les rancherias de la péninsule. À Riohacha, comme à Carthagène, chacun est allé faire ses courses avec son bon d’achat.

Depuis quelques jours un déconfinement progressif s’est enclenché…

Francisco, coordinateur, présente la situation en Colombie

En Équateur,

les régions où nous travaillons, y compris Quito, ont été relativement peu touchées par la maladie et des précautions ont été prises rapidement pour éviter la contamination, contrairement à Guayaquil dont la catastrophe sanitaire a été largement médiatisée.

En Amazonie, les gens vivent en quasi-autarcie. Dans la cordillère, ils poursuivent leur activité paysanne produisant de quoi se nourrir et vendre ou troquer sur les petits marchés relocalisés. Les familles les plus touchées par la crise économique sont celles des Andes tropicales, productrices de fruits, de café, de cacao… Isolées, elles voient leurs récoltes pourrir sans pouvoir les vendre et se désespèrent, attendant avec impatience le retour « à la vie normale ». C’est donc vers cette zone que 70 % de la collecte a été affectée. Le reste étant répartis dans les autres familles avec lesquelles nous travaillons.

Alejandra, coordinatrice, présente la situation en Équateur

Au Pérou,

pays où le tourisme a pris un essor considérable ces dernières années, l’impact de la crise sanitaire bouleverse l’équilibre économique. Le confinement, décidé très tôt et imposé de façon très stricte, a permis de maitriser la contagion des régions dans lesquelles nous travaillons. Aujourd’hui, c’est Lima qui est la plus touchée. La capitale concentre la majorité de la population du pays. Nombre de personnes y ont migré depuis toutes les régions pour y travailler, au jour le jour ou dans l’industrie textile. Toutes ces activités sont bien sûr à l’arrêt et l’aide de l’État, distribuée au début du confinement, ne suffit pas à compenser la perte de revenu. Des familles entières, incapables de payer leur loyer, se retrouvent à la rue et cherchent par tous les moyens à retourner dans leur village d’origine. Le nombre de malades croît dans la ville et les hôpitaux sont saturés. Initialement prévu le 11 mai, le confinement est prolongé jusqu’au 30 juin 2020.

Dans la Vallée sacrée, jusqu’à l’Amazonie, les gens s’organisent pour vendre et troquer leurs produits dans les petits marchés relocalisés et directement sur le pas de leur porte. Plus de voiture sur les routes, on dirait que l’on est remonté dans le temps. La récolte du choclo, ce maïs dégusté frais avec du fromage, n’a pu être vendue et les familles ont dû se résigner à le faire sécher pour une consommation sur le long terme. À Cusco, c’est plus difficile et, comme en France, chacun tente de s’occuper, de faire un peu d’exercice et, quand c’est possible, les parents accompagnent la scolarité virtuelle (télé et/ou Internet) de leurs enfants. Face aux incertitudes, nos guides s’organisent pour trouver une activité temporaire alternative afin de subvenir aux besoins de leur famille : un emploi à la municipalité, l’agriculture, la vente de plats à emporter…

Sur le lac Titicaca, les transports lacustres sont drastiquement limités, comme l’ensemble des transports dans tout le pays, et seules de rares sorties pour acheter des denrées de première nécessité sont autorisées. L’isolement est particulièrement intense pour les communautés insulaires qui vivent elles aussi en quasi-autarcie et ne bénéficient plus du tout des entrées numéraires de l’activité touristique.

Avec la collecte, chaque famille a reçu une aide directe lui permettant de subvenir aux besoins du quotidien, sauf sur le lac Titicaca, où l’isolement des communautés a nécessité une organisation spécifique. Walther s’est occupé de l’achat et de l’acheminement des denrées selon un protocole complexe et très encadré répondant aux contraintes imposées par les autorités.

Elizabeth, coordinatrice, présente la situation au Pérou

En Bolivie,

les règles de confinement sont similaires à celles appliquées au Pérou. Outre la police, l’armée est chargée de les faire respecter. Les sanctions aux contrevenants sont dissuasives. Fort heureusement, la propagation de la maladie a donc été limitée, elle se concentre actuellement dans les basses terres, notamment dans la ville de Santa Cruz. En revanche l’isolement de certaines populations est total.

En Amazonie, nos partenaires des communautés moseten et tsimane vivent en complète autarcie depuis le confinement, ils n’ont été autorisés à se rendre en ville que dernièrement. L’argent de la collecte est longtemps resté sur le compte de la coopérative avant qu’ils ne puissent y recourir pour les achats de première nécessité indispensables.

Sur le Salar, les communautés quechuas et aymaras restent très isolées. Leurs ressources sont particulièrement limitées et les contraintes du confinement, même s’il est communautaire, ne leur laissent que peu de recours. Ainsi l’aide envoyée vient seulement (le 30 mai 2020) d’être acheminée et distribuée aux familles, car personne n’est encore autorisé à se rendre dans la ville d’Uyuni. Le témoignage de Justino évoque l’ampleur des difficultés rencontrées.

En dehors des communautés indigènes, les règles permettent de sortir quatre heures pour faire les courses, une fois par semaine, en fonction de son numéro de carte d’identité. Comme partout, l’économie est à l’arrêt et le lendemain reste nébuleux, surtout pour ceux dont l’activité principale était liée au tourisme. Diego en fait partie et l’aide envoyée lui a permis de prendre part aux dynamiques solidaires qui se sont naturellement enclenchées dans sa communauté.

Clément, coordinateur, nous présente la situation en Bolivie

Au Chili,

la situation est encore différente. L’État, très libéral, n’a pas voulu recourir au confinement intégral pour préserver l’économie. Il a instauré une « quarantaine dynamique » qui varie en fonction des conditions sanitaires (au point que certains quartiers de Santiago sont confinés alors que d’autres non). Les enfants ne vont plus à l’école et un couvre-feu limite les déplacements dès 22 h 00. Certaines zones touchées par la maladie ont été isolées. C’est le cas de la Terre de feu et des communautés yagan avec lesquelles nous travaillons. Les gens ont l’interdiction totale de sortir de leur maison et une aide d’urgence est distribuée en porte à porte à chaque famille.

À Chiloé aussi des cas de contamination sont à déplorer. Heureusement aucun dans la petite île où vivent nos partenaires, mais évidemment l’archipel est isolé du reste du pays. Ils peuvent donc continuer à pêcher, mais la vente du poisson est limitée à l’archipel, ce qui entraîne une baisse des prix et fragilise les pêcheurs. L’aide envoyée contribue au maintien de leur activité.

Parfois, ce sont les communautés elles-mêmes qui ont choisi de s’isoler pour éviter toute contagion. Elles ont donc barré l’accès à leur territoire et vivent en quasi-autarcie. C’est le cas des communautés mapuche (Pewenche et Huiliche) avec lesquelles nous travaillons, où malheureusement deux cas nécessitant une hospitalisation viennent d’être annoncés. Les familles se nourrissent du fruit de leur pêche, de l’élevage, de la cueillette et de leur potager. Sachez que la récolte de pewen (ces pignons géants, fruits très nutritifs de l’araucaria) est très bonne cette année.

En ville, la vie s’est organisée différemment. Quand elles le peuvent les entreprises privilégient le télétravail, mais la baisse d’activité est manifeste et nombre de personnes ont vu leurs revenus amputés et parfois se tarir, notamment dans le domaine du tourisme. Dans ce contexte, l’aide de la cagnotte distribuée à nos partenaires coordinateurs et aux guides leur a permis de « voir venir » un peu plus sereinement.

L’argent distribué aux communautés est investi dans les activités de subsistance (pour les bateaux de pêche, pour les cultures d’hiver…) et parfois pour l’achat de nourriture, car l’arrivée de la longue saison hivernale et la diminution des ressources disponibles risque de les affecter et de les fragiliser.

Camila, guide et coordinatrice, nous présente la situation au Chili

SUCCES DE LA CAGNOTTE, ELLE RESTE OUVERTE AUX DONS

Plus que jamais, c’est dans l’amitié et la solidarité que se construit l’avenir

Aujourd’hui, la situation reste précaire et l’inquiétude demeure, mais nous savons que nous ne sommes pas seuls. Que les graines semées continuent de germer et porteront des fruits. L’aide de la cagnotte, si ténue soit-elle face aux besoins, n’est pas négligeable. Nous avons donc décidé de la prolonger jusqu’au 30 juin, date définitive de sa clôture.

Nous restons en contact permanent avec nos partenaires, suivons l’évolution de la situation au jour le jour, nous encourageant mutuellement et renforçant les liens qui nous unissent et qui font notre force à tous. Plus que jamais, c’est dans l’amitié et la solidarité que se construit l’avenir. Nous sommes tous unis pour une société plus juste, où l’indifférence n’a pas sa place, et où la valeur de chacun est pleinement reconnue.

Merci à tous.

Covid19, collecte de solidarité avec l'Amérique du Sud

Vous pouvez également télécharger le texte du bilan d’étape en PDF: Bilan d’étape de la collecte solidaire Covid-19

 

Retrouvez tous les témoignages vidéo  sur notre chaine YouTube


LANCEMENT DE LA COLLECTE DE SOUTIEN À NOS PARTENAIRES SUD-AMÉRICAINS

(le 4 avril 2020)

Pourquoi participer à cette collecte de soutien ?

La crise sanitaire frappe tout le monde et rend les plus précaires particulièrement vulnérables, c’est le cas de nombre de nos partenaires (communautés, familles, guides…) en Amérique du Sud. Il est important d’agir maintenant, c’est pourquoi nous lançons cette cagnotte : 

  • chacun participe du montant qu’il souhaite ;
  • tous les paiements sont sécurisés.

Merci à toutes et tous de votre solidarité. N’hésitez pas à partager largement cette cagnotte !


En quelques mots :

Depuis 15 ans Culture Contact travaille en étroite collaboration avec ses partenaires locaux pour proposer des voyages équitables et solidaires en Colombie, en Équateur, au Pérou, en Bolivie et au Chili.


L’objectif de notre association sans but lucratif est de soutenir les dynamiques locales respectueuses des modes de vie et de l’environnement en plaçant la répartition des bénéfices et l’humain au centre de nos voyages.

L’impact de l’épidémie de coronavirus s’étend maintenant aux pays avec lesquels nous travaillons. Là-bas comme ici, les gouvernements appliquent des mesures drastiques de confinement et bien souvent les autorités ont recours au couvre-feu à partir d’une certaine heure.


Au fur et à mesure que la crise s’étend, la précarité des familles, confinées et privées de revenus, augmente. Les mesures prises par les États ne couvrent souvent qu’une infime partie des besoins et, plus le temps passe, plus c’est difficile.


Nous restons en contact permanent avec nos partenaires sur place et la situation est préoccupante. Les dizaines de communautés, familles, guides, avec lesquels nous travaillons se trouvent privés de ressources et ne disposent bien souvent que de faibles économies. Les solidarités locales se nouent, mais combien de temps pourront-elles parer au plus pressé ?


Suite à un conseil d’administration extraordinaire, Culture Contact a décidé de lancer une cagnotte de solidarité. Nous aimerions pouvoir apporter un soutien financier à ces personnes qui, par leur générosité, leur grande humanité et la qualité de leur travail, font de chaque voyage une rencontre inoubliable pour tous ceux qui l’ont vécu.


Les fonds réunis seront intégralement répartis entre les différents pays pour permettre aux plus vulnérables de se procurer des produits de première nécessité et des médicaments. La répartition sera faite en fonction des sommes collectées et de l’urgence des situations examinées au cas par cas en lien direct avec nos partenaires sur place, tous animés d’une même volonté de surmonter cette crise ensemble.


Dans le contexte actuel, il y a beaucoup d’incertitude sur la durée de cette crise, déterminer la hauteur des besoins n’est pas chose facile. Si par bonheur la crise ne devait pas durer, les sommes restantes seraient allouées, aux fonds de développement local de chaque pays. Un compte rendu  détaillé des actions d’urgence menées avec cet argent sera adressé à l’ensemble des donneurs.


Nous n’ignorons pas que chacun d’entre nous est touché par cette catastrophe et nous mesurons l’effort que nous demandons, mais chaque goutte compte. Alors sachez que toute aide sera appréciée, nous pouvons agir ensemble, merci !


Nous restons à votre disposition pour toute question complémentaire. Et nous espérons qu’une fois cette épreuve derrière nous, nous aurons « grandi en humanité ».


Courrier aux voyageurs de Culture Contact


Chères voyageuses, chers voyageurs, (courrier du 18 mars 2020)

La crise qui nous touche toutes et tous soulève de nombreuses interrogations. Nous souhaitons donc vous informer avec le maximum de rigueur, sans amplifier l’anxiété déjà bien présente et en restant positifs.

À cette fin, nous nous tenons quotidiennement informés de l’évolution de la situation sur nos destinations d’Amérique du Sud et en France. Nous suivons avec attention les directives des gouvernements et les mesures préconisées par les instances de notre secteur.

Même si le nombre de cas reste encore limité en Amérique du Sud, les gouvernements imposent dès à présent des mesures de restriction aux voyageurs en provenance d’Europe (quarantaine ou fermeture du transit aérien) afin d’éviter au maximum la propagation de l’épidémie. Des mesures spécifiques concernent notamment les territoires des populations autochtones particulièrement vulnérables en raison de leur éloignement et du manque d’infrastructures.

Conscients de l’ampleur de la crise et de la nécessaire distanciation sociale qu’elle implique nous avons pris toutes les mesures indispensables tant pour la santé de nos voyageurs que celle de nos partenaires locaux.

Aujourd’hui, nous restons mobilisés pour répondre à vos interrogations et préparer le rebond qui ne manquera pas d’arriver à l’issue de cette épreuve.

Nous savons la valeur que vous reconnaissez au travail de Culture Contact engagé aux côtés de ses nombreux partenaires sud-américains pour un tourisme équitable et solidaire. Les conséquences de cette crise sont lourdes pour eux également et ils y font face avec courage et altruisme, mettant la santé de chacun avant toute autre préoccupation.

Cette fois encore, c’est auprès d’eux que nous puisons l’énergie et l’enthousiasme qui nous guident. Certains que bientôt, vous serez à nouveau partants pour voyager à la rencontre de ces femmes et hommes, acteurs de leurs projets et déterminés à favoriser un modèle de société respectueux de la planète et de ses habitants.

D’ici là, prenez soin de vous et de vos proches, soyons solidaires.
 
Cordialement,
Alexandre Poirier et le conseil d’administration de Culture Contact